Communication assertive : oser dire ce qu’on pense
Vous avez quelque chose à dire. Vous savez exactement ce que vous pensez. Et pourtant, vous gardez ça pour vous. Parce que vous ne voulez pas blesser, parce que vous ne savez pas comment ça va être reçu, ou tout simplement parce que ce n’est peut-être pas le bon moment. La communication assertive, c’est précisément cette compétence : dire ce qu’on pense, avec respect et clarté, même quand c’est inconfortable.
Pourquoi on n’ose pas dire ce qu’on pense
Avant de parler de solutions, nommons d’abord le vrai problème.
Les freins sont réels : la peur de faire de la peine, la peur de la réaction de l’autre, la peur de passer pour quelqu’un de difficile. Or, ce que j’observe le plus souvent en coaching, c’est que les gens ne manquent pas de courage. Ils manquent d’outils pour dire les choses sans que ça déraille.
Voici des situations que vous avez probablement vécues :
- Votre patron annonce une décision avec laquelle vous n’êtes pas d’accord.
- Un collègue escalade à votre patron sans vous en parler au préalable.
- Un employé exagère ses pauses depuis plusieurs semaines.
- Quelqu’un dans votre vie personnelle fait quelque chose qui vous dérange, et vous ne dites rien.
Dans tous ces cas, le silence a un coût. La frustration monte, la relation se détériore. Et un jour, ça sort, mais pas de la bonne façon.
Nous avons davantage intégré l’impression confuse et quasi-constante de la culpabilité de chacun par rapport à l’autre que le sens éclairé de la responsabilité de chacun. — Thomas D’Ansembourg
3 conditions pour une communication assertive qui fonctionne
Avant même d’ouvrir la bouche, deux décisions s’imposent. Elles sont simples, mais souvent négligées.
1. Choisir le bon environnement
Est-ce que vous devriez avoir cette conversation à votre bureau, dans une salle fermée, par téléphone, par courriel ? La réponse change selon la situation. Une conversation difficile avec un employé se fait en privé, jamais devant l’équipe. Un désaccord avec votre patron se règle en tête-à-tête, pas en réunion.
Le contexte influence directement comment le message est reçu. Choisir le mauvais environnement, c’est partir avec un handicap avant même d’avoir dit un mot.
2. Choisir le bon médium
En personne reste toujours le premier choix pour les sujets sensibles. Le ton, le non-verbal, la possibilité de réagir en temps réel — tout ça compte. Le courriel peut être utile pour confirmer ce qui a été dit, pas pour initier une conversation difficile.
3. Appliquer les 4 principes de base
C’est ici que la communication assertive prend tout son sens. Quatre principes simples, mais qui changent tout :
- Parlez de vous, pas de l’autre. Votre phrase commence par JE. Pas par « tu fais toujours » ou « vous n’avez pas ».
- Fiez-vous aux faits. Ce que vous avez observé, pas ce que vous interprétez.
- Nommez ce que la situation génère en vous. La frustration, le malaise, le besoin d’être rassuré. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la précision.
- Proposez ou demandez une action concrète. Qu’est-ce que vous voulez qu’il se passe maintenant ?
La communication assertive en pratique : exemples concrets
La théorie, c’est bien. Les exemples, c’est mieux. Voici comment les 4 principes se traduisent dans des situations réelles.
Situation 1 : désaccord avec une décision de votre patron
La réaction spontanée :
« Patron, je ne suis pas d’accord avec votre décision. »
La version assertive :
« Patron, le fait d’annoncer la date de livraison du projet devant tout le groupe me met mal à l’aise, car j’ai des doutes que ce soit réalisable. J’ai besoin de comprendre pour vous aider. Pouvez-vous m’expliquer d’où est venue cette décision ? »
Vous voyez la différence ? La deuxième version nomme un fait précis, exprime un malaise, et ouvre un dialogue. Elle ne confronte pas. Elle cherche, au contraire, à comprendre.
Situation 2 : un collègue qui escalade sans vous avertir
La réaction spontanée :
« Je n’aime pas que tu parles de moi à mon patron sans m’en parler. »
La version assertive :
« Cela fait trois fois que mon patron me remonte un feedback suite à un commentaire de ta part. Je désire avoir une bonne relation avec toi et en ce moment j’ai un malaise. Je te demande de me parler d’abord des situations qui te posent problème. Qu’en penses-tu ? »
Même structure : fait observable, impact sur moi, demande claire.
Situation 3 : un employé qui exagère ses pauses
La réaction spontanée :
« Tu exagères tes pauses. »
La version assertive :
« Je constate qu’en plus de tes pauses cigarettes, tu pars chercher ton lunch plus tôt et que tu navigues sur Internet à plusieurs reprises durant la journée. J’ai besoin d’offrir un bon service aux clients. Je te demande de gérer tes pauses selon les balises suivantes : [préciser]. »
Résultat : pas de jugement, des faits, un besoin, une demande précise.
Questions de réflexion
- Y a-t-il une situation dans votre vie professionnelle ou personnelle où vous retenez quelque chose depuis trop longtemps ?
- Qu’est-ce qui vous retient vraiment ? La peur de la réaction, le manque de mots, ou autre chose ?
- Si vous deviez formuler ce que vous voulez dire en commençant par « Je », ça donnerait quoi ?
Ce que la communication assertive n’est pas
Une dernière chose importante.
Être assertif, ce n’est pas tout dire en toutes circonstances. Ce n’est pas non plus une permission de manquer de respect. En fait, l’agressivité déguisée en « honnêteté » n’a rien d’assertif.
C’est donc choisir de dire ce qui compte, au bon moment, de la bonne façon. Parce que la relation mérite cette honnêteté. Et parce que vous méritez d’être entendu.
Si vous voulez aller plus loin sur ce sujet, l’article sur comment avoir une conversation difficile plus facilement vous donnera des outils complémentaires. Et si vous sentez que votre équipe a besoin de développer ces compétences, la formation en communication leadership est conçue exactement pour ça.
FAQ — Communication assertive
Qu’est-ce que la communication assertive ?
La communication assertive, c’est la capacité d’exprimer ce qu’on pense et ce qu’on ressent avec clarté et respect, sans agressivité et sans se taire. Elle s’appuie sur les faits, le « je », et une demande concrète.
Comment dire les choses sans blesser l’autre ?
En parlant de vous plutôt que de l’autre, en vous appuyant sur ce que vous avez observé plutôt que sur ce que vous interprétez. Exprimer l’impact sur vous, plutôt que porter un jugement sur la personne, change complètement la dynamique.
Peut-on apprendre la communication assertive ?
Oui, tout à fait. Comme toute compétence de communication, ça s’apprend et ça se pratique. Les 4 principes présentés dans cet article sont un bon point de départ. L’accompagnement en coaching peut aussi accélérer le développement de cette compétence.
Ce n’est pas ce que vous dites qui définit votre leadership. C’est ce que vous osez dire, et comment vous le dites.





